RAPPORT DE L’ACADEMIE NATIONALE DE MEDECINE SUR LES MEDECINES ALTERNATIVES

En juillet 2012, l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (APHP) a décidé d’introduire quatre thérapies alternatives à l’hôpital. Cette démarche a suscité l’étonnement de l’Académie nationale de médecine.

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On se rappelle en effet que les académiciens de la rue Bonaparte ont rendu plusieurs rapports défavorables aux thérapies alternatives. Ils avaient pu dire entre autres en 2006 que les effets thérapeutiques des manipulations sur certaines douleurs rachidiennes étaient « connus longtemps avant l’ostéopathie » et qu’il fallait « tenir compte, d’une part, [de] l’évolution spontanée vers la guérison d’autre part, [de] l’effet positif, analogue à un effet placebo, créé par la présence du soignant et l’application de ses mains, l’addition des deux facteurs pouvant compter pour un chiffre élevé d’excellents ou de bons résultats ». Il devenait urgent que l’institution se positionne puisque l’engouement pour ces approches alternatives ne se contentait plus de « polluer » l’activité médicale de ville mais s’insinuait dorénavant dans le saint des saints : l’hôpital public.

Pour ne parler que du sujet qui nous concerne, l’ostéopathie, ce dernier rapport marque une légère inflexion de l’analyse. Bien sur, les académiciens rappellent que son efficacité « n’est évoquée que dans un nombre limité de situations et fondée sur un niveau de preuves insuffisant ». Néanmoins, ils reconnaissent qu’elle peut être «  utile pour soulager des douleurs du dos, du cou ou de la tête ».

Les ostéopathes sérieux n’ont jamais prétendu être efficaces dans un grand nombre de situation. De même qu’ils n’ont jamais prétendu se substituer à la médecine conventionnelle. Mesurons toutefois le chemin parcouru depuis 2002. De charlatans illégaux, nous sommes passés au statut de charlatans légalisés, puis de praticiens dont les effets des techniques s’expliquaient par le seul effet placebo pour enfin se voir reconnaître quelques effets bénéfiques. Comme l’a bien mentionné Bertrand Bouriaud, lorsqu’il a été audité par les membres de la commission, « l’ostéopathie est une médecine jeune en France. Avant 2002, il n’était pas possible de faire de la recherche dans ce domaine. Les avancées scientifiques sont donc récentes. Certes, le niveau de preuve est encore faible, mais la profession s’est engagée dans une démarche visant à démontrer scientifiquement les effets des traitements ostéopathiques ».

S’il est un point en revanche sur lequel chacun s’accorde, c’est celui de la formation. Etant donné le champ d’action de l’ostéopathie, les études ne peuvent demeurer plus longtemps sur le format actuel, au risque de voir le niveau des praticiens diminuer progressivement. La multiplication par quatre du nombre d’écoles en 10 ans ne s’est pas accompagnée d’une augmentation proportionnelle des compétences des bacheliers. Ce n’est pas faire injure aux étudiants actuels que de dire que, pour maintenir le seuil de rentabilité, nombre d’écoles sont obligées de recruter des étudiants qui, il y a quelques années encore, n’auraient pas été acceptés.

Voilà pourquoi notre think tank, à travers le soutien que vous nous apportez via res0sté0, réitère la nécessité de :

  • Créer dans le code de la santé publique, une partie dédiée aux nouvelles professions intervenant dans le domaine de la santé afin de « sceller dans le marbre » la profession d’ostéopathe.
  • Reconnaître la formation initiale à l’ostéopathie au niveau Master 2
  • Créer une autorité administrative indépendante chargée de faire appliquer et évoluer la réglementation de la profession, dans laquelle siègera une majorité d’ostéopathes.

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Interview de Daniel Bontoux, rédacteur du rapport, sur France Info ici

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